Une randonnée à Ganges qui reste au frais : depuis la petite ville, porte sud des Cévennes, on traverse l'Hérault vers Cazilhac pour longer un canal alimenté par la Vis, où tournaient six grandes roues élévatrices en bois de la fin du XVIIIe siècle, les meuses.
Ganges, ville de la soie au confluent de trois rivières
Ganges se trouve au nord-est de l'Hérault, à 37 kilomètres au nord de Montpellier, au confluent de l'Hérault, de la Vis et du Rieutord. Ce dernier est souvent à sec : une partie de ses eaux s'infiltre sous terre après Sumène. La ville a prospéré grâce à la soie, puis à la bonneterie, et ses bas fins étaient réputés ; le musée cévenol du Vigan en conserve des exemples.
Avant de partir, un tour dans le vieux centre s'impose. Les traverses, passages voûtés et ruelles étroites, en dessinent le labyrinthe. On y voit le temple protestant de 1851 au plan heptagonal, l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, construite entre 1860 et 1866, dont l'orgue fut offert par l'impératrice Eugénie, le beffroi de la fin du XVIIe siècle et les halles métalliques, rouvertes en février 2025.
Les meuses de Cazilhac, des roues pour irriguer la plaine
Face à Ganges, sur l'autre rive de l'Hérault, Cazilhac a gardé la trace de son passé hydraulique. Le long d'un canal tiré de la Vis, six grandes roues de bois, couvertes de mousse, élevaient l'eau pour arroser les jardins et les cultures de la plaine. Ces norias, que l'on appelle ici les meuses, datent de la fin du XVIIIe siècle. Les habitants de Ganges et de Cazilhac se partageaient depuis longtemps l'eau de la Vis pour leurs moulins et leurs terres.
Un sentier de découverte a été aménagé autour de ces roues. Le chemin suit le canal à l'ombre des platanes et des frênes, d'où son caractère rafraîchissant les jours de chaleur. On y comprend le principe de la noria : le courant entraîne la roue, dont les godets remplissent une rigole placée plus haut.
En chemin, on aperçoit le long de la rive droite de l'Hérault les bâtiments des anciennes filatures, témoins de l'époque de la soie. Cazilhac conserve aussi l'église Saint-Léonce, dans sa partie basse, et le temple de la Tuilière, dans sa partie haute.
Itinéraire, durée et conseils pratiques
La sortie se fait à plat ou presque, sur des chemins faciles. Le départ se prend dans le centre de Ganges, où se trouvent plusieurs parkings ; on franchit ensuite l'Hérault pour gagner Cazilhac et le canal. La durée dépend surtout du temps passé dans les ruelles de Ganges et autour des roues : une demi-journée tranquille suffit en général, enfants compris.
- Saison : agréable toute l'année ; en été, les journées à plus de 30 °C sont fréquentes à Ganges, partir tôt reste préférable.
- Balisage : celui du sentier de découverte autour des meuses ; pour le reste, la carte IGN du secteur de Ganges suffit.
- Chaussures : de simples chaussures de marche ; les bords du canal peuvent être glissants.
- Prudence : le canal et l'Hérault montent vite lors des épisodes cévenols d'automne ; ne pas s'approcher des berges par forte pluie.
Les marcheurs plus ambitieux poursuivent vers les reliefs qui dominent la vallée : la commune de Cazilhac culmine à 523 mètres, et les gorges du Rieutord, de la Fage et de la Cagnasse, protégées au titre de Natura 2000, s'ouvrent au nord.
Sur la route de Montpellier, le lac de la Jasse à Mas-de-Londres se combine bien avec cette sortie. Côté Cévennes gardoises, la balade du lac de Camprieu et de la vallée du Bonheur offre un décor plus montagnard, et la sélection de balades dans le Gard en propose d'autres. Tous les itinéraires sont rassemblés dans la rubrique des itinéraires de balade et de randonnée.
Sources : fiches Wikipédia des communes de Ganges et de Cazilhac (géographie, rivières, patrimoine, meuses et sentier de découverte, climat), sites Natura 2000 cités par ces fiches.
















